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#Enfant-École

Nous l’avons tous été. Nous y sommes tous allés.

E comme Enfant. E comme Ecole.

Nous en avons tous des souvenirs.

Marquants. Amusants. Tendres.

Plein d’espérance. Et d’insouciance.

Des amitiés. Des pleurs. Des cahiers. Des leçons par cœur…

Pour cette rentrée, je vous propose de vous plonger dans vos souvenirs. Ceux de votre enfance. Ou, devenus plus grands, lorsqu’en tant que parents ou grands-parents, le Jour J, celui où la rentrée a sonné et qu’à votre tour, vous avez déposé vos enfants aux grilles de l’école. 

Lettre à mon fils                                                                                                                     Dijon, 2010

Année 1993

 

Contre toute attente, ma rentrée s’était bien déroulée. La tienne un peu moins. Je t’en avais parlé tout l’été et t’avais expliqué que tu étais grand, que tu jouerais avec des copains et qu’une maîtresse vous apprendrait à colorier, découper, dessiner, à lire et à écrire. En théorie, tu semblais conquis, mais la chose restait abstraite. Notre arrivée s’était faite en douceur, je t’avais accompagné et avais déposé tes affaires au porte-manteau. Un doudou. Ton goûter. Des vêtements de rechange. Et des couches. Les pipis au lit étaient encore monnaie courante. Le tout, dans un sac à dos, offert par mamie Madie. Mais dès que tu m’avais vue quitter les lieux, tu t’étais mis à pleurer, à m’appeler et enfin à hurler. Julie, ton institutrice, m’avait gentiment conviée à tourner les talons. Et lorsque j’avais quitté ta classe dont les fenêtres donnaient sur la rue, tu étais scotché à la fenêtre, de gros sanglots roulant sur tes joues. Le vitrage ne me permettait pas de distinguer tes paroles, mais je devinais les mots sur ta bouche déformée.

Deux syllabes.

Ma.

Man.

Un crève-cœur.

J’en avais pleuré tout le long du chemin. Je m’en voulais de cette séparation. De notre relation sans doute trop fusionnelle.

Je me demande encore aujourd’hui si, comme moi, maman avait vécu cette étape tel un abandon. Si j’avais été docile ou une copie conforme de mon garçon, entre caprice et colère, sur mes premiers bancs de classe. Je n’ai rien conservé en mémoire de cette époque. Si ce n’est un pull jaune citron en laine que je portais régulièrement.

 

Extrait de J’aurais aimé te dire aux éditions de l'ArtBouquine